Chiffres clés: 

ZEE : 116 584 km2

Captures : 191 862 t

Flotte artisanale : 6 025

Motorisation : 44 %

Emplois : 84 200

Consommation : 13,56 kg/hab/an

Exportations : 40,45 M USD

Part dans l'export : 4,48 %

Part dans le PIB : 0,43 %

 

Contexte

Pays d’Afrique de l’Ouest, la Guinée est bordée au nord par la Guinée Bissau, le Sénégal et le Mali, à l’est par la Côte d'Ivoire et au sud par le Liberia et la Sierra Léone. A l’ouest, elle dispose d’une façade maritime sur l’océan Atlantique. La ZEE guinéenne s’étend au large d’un littoral d’environ 300 km de long et occupe une surface de 56 000 km2.

La population guinéenne est estimée en 2014 à 10 628 000 millions d’habitants avec  un taux de croissance démographique annuel de l’ordre de 2,8%. On note une proportion élevée de jeunes, 45% de la population totale a moins de 15 ans. Le taux d’urbanisation est de 50% et  Conakry, la Capitale administrative et économique du pays, regroupe environ 1 660 000  million d’habitants. Pour une superficie totale de 245 857 km2, la densité est de 42 habitants au kilomètre carré.

Le revenu par tête est estimé à 582 USD par habitant en 2015, un guinéen sur deux vit avec moins d’un dollar par jour et  environ 55% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté (voir le Plan quinquennal de développement socio-économique 2011-2015).

En 2015, le secteur tertiaire contribue à la formation de 36% du PIB, le secteur secondaire à 32,8% et le secteur primaire à 23,8%. A l’intérieur du secteur primaire, la pêche représente environ 2% du PIB, essentiellement grâce aux activités de la pêche artisanale. La croissance de l’économie guinéenne est de 3% par an en moyenne depuis le début des années 2000, croissance jugée inférieure à son potentiel par la Banque mondiale si l'on sait que le pays dispose d’un potentiel minier (bauxite, minerai de fer, diamant, or, uranium), agricole et hydraulique nettement sous-exploité.

Le plateau continental guinéen représente la plus grande surface submergée de toute l’Afrique atlantique (56 000 km²). Il atteint 200 km de largeur et sa pente est très faible. La façade maritime est longue de 300 km. Les eaux guinéennes abritent d’importantes ressources (crevettes, poissons blancs, petits pélagiques) liées à un environnement marin relativement propice au développement de pêcheries (phénomènes d’upwelling saisonnier, apports des fleuves).

 

Cadre institutionnel

Les activités de pêche sont régies par la  Loi N°2015/026/AN du 14 septembre 2015,  portant Code de la pêche maritime,  la loi N°2015/027/AN du 14 septembre 2015,  portant Code de la pêche continentale et la Loi N°2015/028/AN du 14 septembre 2015,  portant Code de l'aquaculture. Ces lois et leurs textes d'application constituent les références de toutes les mesures d'aménagement des pêcheries guinéennes prennent en compte les principes essentiels du Code de Conduite pour une Pêche Responsable de la FAO  (CCPR 1995) et des principales conventions pertinentes portant sur la gestion durable des ressources.

Le Gouvernement a élaboré un nouveau Code des Investissements plus attractif (Loi L/2015/008/AN du 25 mai 2015). Les activités économiques sont soumises au droit OHADA.

Le secteur est administré par le Ministère des Pêches, de l'Aquaculture et de l'Economie Maritime. Il a pour mission de concevoir, coordonner, promouvoir et assurer le suivi de la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans les domaines des Pêches, de l'Aquaculture et de l'Economie Maritime (Décret D/2016/094/PRG/SGG du 30 mars 2016). 

Outre le Cabinet et le Secrétariat Général, le Ministère des Pêches, de l'Aquaculture et de l'Economie Maritime comporte des services d'appui, des services centraux et des services déconcentrés territoriaux.

Les directions nationales, chargées de la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans les domaines  des  pêches  maritimes, de l'Aquaculture et continentales sont :

  • La Direction Nationale de la Pêche Industrielle ;
  • la Direction Nationale des Pêches Artisanale;
  • la Direction Nationale de l'Aquaculture ;
  • la Direction Nationale de l'Economie Maritime.

Le Ministère des pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime assure la tutelle des organismes personnalisés évoluant dans son domaine de compétence qui sont :

  • le Centre National des Sciences Halieutiques de Boussoura (CNSHB) en charge de la recherche appliquée dans le secteur de la pêche et de l'aquaculture ;
  • le Centre National de Surveillance et de Police des Pêcheries en charge de la surveillance et de protection des ressources halieutiques de la zone maritime placée  sous souveraineté  et sous juridiction nationale, ainsi que celles des fleuves et des  cours d’eau de la République de Guinée ;
  • l’Office National de Contrôle Sanitaire des Produits de la Pêche et de l’Aquaculture  (ONSPA) en charge du contrôle de qualité des produits da la pêche et de l'aquaculture .
  • Le Ministère est doté d'organes consultatifs que sont le Conseil National Consultatif pour la Pêche, l'Aquaculture et l'Economie Maritime, la Commission Nationale de Transaction à l'égard des navires de pêche et le Conseil de Discipline.

 

Les pêches

Pêche artisanale

Elle est opérée par un parc piroguier d’environ 6025 pirogues. Ce parc a un taux de motorisation moyen de 44% pour environ 17 156 pêcheurs en activité. Six principaux types d’engin sont aujourd’hui utilisés par la pêche artisanale démersale, il s'agit de : filets maillants dérivants (29%), filets maillants encerclant (25%), palangres (20%), filets maillants calés (15%), lignes (9%) et filets tournants (2%).

Pêche industrielle

Celle-ci concerne la pêche pélagique, la pêche céphalopodière, la pêche crevettière et la pêche démersale poissonnière. La pêche industrielle démersale exploite les espèces dites nobles (pseudotolithus ou otolithes, polynemidés, grondeurs, dorades, carpes rouges, rougets, soles, mérous, etc., dont les captures sont essentiellement destinées à l’exportation. Cette pêche est soumise à l’octroi de licences délivrées par le Ministère des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime par le biais de la Direction Nationale de la Pêche Maritime. La redevance  est fonction de  la catégorie de pêche et de la capacité du navire (Ref. Plan d’aménagement et de gestion des pêcheries).

 

Etat des ressources

Les eaux guinéennes abritent d’importantes ressources (crevettes, poissons blancs, petits pélagiques…) liées à un environnement marin relativement propice au développement de pêcheries (phénomènes d’upwelling saisonnier, apports des fleuves).

Le potentiel du stock de crevettes en eau profonde reste inconnu. Les ressources hauturières sont essentiellement composées de thonidés (albacore, patudo, listao) qui constituent une ressource saisonnière.

La ZEE guinéenne représente pour ces espèces hautement migratrices une voie de transit entre les zones de forte concentration situées plus au nord (Sénégal et Mauritanie) et les eaux internationales de la zone équatoriale. Leur disponibilité en Guinée est donc liée eaux migrations sud-nord (printemps) et nord-sud (automne), mais demeure sporadique et limitée aux eaux du large (>200 m).

Les ressources démersales sont constituées de poissons de fonds (bar, sole, machoiron, dorade), de céphalopodes (seiche essentiellement) et de crevettes. Les ressources pélagiques (ethmalose, sardinelle, chinchard, etc.) qui présentent des potentiels importants, sont essentiellement pêchées par les opérateurs nationaux du sous-secteur artisanal. 70% des captures sont constituées d’ethmaloses et destinées au marché local.

Le potentiel de capture annuel est estimé entre  200 000 et 250 000 tonnes dont un peu plus de la moitié est constituée d’espèces pélagiques (150 000 tonnes). Toutefois, les résultats des dernières campagnes d’évaluation des ressources réalisées en 2015 par les navires de recherche GENERAL LANSANA CONTE et ITAF DEM  indiquent des biomasses de 153 000 tonnes et 160 150 tonnes de poissons demersaux respectivement.

Les poissons démersaux demeurent les plus importants en termes de captures réalisées, soit environ 35 000 tonnes par an, avec une biomasse présente estimée à 45 000 tonnes.

Les captures de céphalopodes et de crevettes sont relativement faibles avec respectivement 6000 tonnes et 1500 tonnes en moyenne par an.

La plupart des stocks sont dans un état de surexploitation, et notamment ceux de la bande côtière.

 

Accès aux ressources

Le mode de gestion des pêcheries dans la ZEE est basé sur une allocation de possibilités de pêche par grands groupes d’espèces. L’exercice de l’activité de pêche est subordonné à l’obtention d’une licence ou d’un permis de pêche. La licence ou le permis de pêche est attribué, en priorité aux navires guinéens après l’accomplissement des formalités ci-après :

  • L’enregistrement de toute nouvelle entreprise de pêche à la Direction Nationale de la Pêche Maritime ;
  • L’inspection technique et sanitaire préalable de tout navire demandeur de licence de  pêche ;
  • La présentation du certificat original de jauge brute;
  • Le marquage conforme de navires de pêche ; 
  • Le paiement des droits de pêche fixée selon le type de pêche, le tonnage de jauge brute du navire et la durée de l’activité de pêche ;
  • L’obligation pour tout navire d’installer une balise VMS et de la maintenir
  • La présentation du permis de navigation ;
  • L’embarquement d’un observateur et marins guinéens;
  • L’inscription du navire à un registre de classification agrées des  navires de pêche ;
  • La non implication du navire, son capitaine ou sa société dans les activités de pêche INN ;
  • Le débarquement d’une partie de ses produits sur le marché local.

La Guinée est partie à la Convention de Lomé, un accord qui régit la coopération entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Cette Convention permet aux pays ACP de bénéficier d’avantages tarifaires d’accès au marché européen (il s’agit d’un régime d’exonération de droits de douane à l’entrée du marché européen pour la plupart des produits des pays ACP).

 

Documents à télécharger

Annonces

SRFC

Les sessions extraordinaires du Comité de Coordination et de la Conférence des Ministres auront lieu à Dakar du 17 au 18 mai 2017

 

PRAO - Guinée-Bissau

Publications

Migrations contemporaines des pêcheurs artisans en Afrique de l'Ouest : Synthèse et axes de recherche
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