Chiffres clés: 

ZEE: 234 000 km2

Captures: 1 200 000 t

Flotte artisanale: avoisine 7000

Emplois: 550000

Consommation: 6 kg/hab/an

Exportations: 438,50 M us$

Part dans le PIB: 6 % 

Contexte de la pêche

La Mauritanie compte une population de  3537368 d’habitants en 2013 avec un taux de croissance démographique relativement élevé de l’ordre de 2,77% annuel  dans la période (2000-2013). Environ 63% de cette population vit en milieu urbain. Le pays s’étend sur 1 030 700 km2 pour une densité de 3,4 habitants au km2. L’espérance de vie y est de 63 ans et le revenu annuel par tête estimé à 560 USD en 2006.

De l’embouchure du fleuve Sénégal à la pointe du Cap Blanc, le littoral Mauritanien s’étend sur une façade maritime de 720 km de long qui fait face à l’Océan Atlantique.la République Islamique de Mauritanie (RIM) dispose d’une zone Economique Exclusive (ZEE) de 200 milles nautiques, d’une superficie de 234000k m2 dont un large plateau continental de 39000km , et qui est réputée pour l’abondance , la diversité et l’importance commercial de ses ressources halieutiques. Ce sont en effet prés de 600 espèces de poissons qui ont été inventoriées, dont plus de 200 peuvent faire l’objet d’une exploitation commerciale.

Cette richesse marine s’expliquerait par des conditions hydroclimatiques très favorables, en particulier, d’une puissante remontée en eaux froides (upwelling) qui est l’origine d’une forte production primaire et d’un développement important de la chaîne trophique marine. cette richesse exceptionnelle s’expliquerait également par le rôle de nourricerie que jouerait la partie orientale des hauts fonds du Ban d’Arguin , où les espèces marines trouveraient des conditions privilégiées de reproduction et de développement dans une zone quasi –vierge de toute pollution et qui abrite l’une de plus grandes Aires Marine Protégées d’Afrique (Parc National du Ban d’Arguin) de l’Afrique de l’ouest.

Le secteur de pêche demeure l’un des secteurs stratégiques de l’économie nationale à différents points.

La balance commerciale en produits de la mer  est largement excédentaire dans la mesure où le secteur est résolument tourné vers l’exportation et ou la valeur des importations est quasiment nulle. sur la période 2008 – 2011, les exportations des produits de la pêche ont présenté entre 20 à 27%de la valeur des exportations (hors pétrole), contribuant ainsi significativement à l’apport en devises pour le pays. En 2011, le solde de la balance commerciale en produits de la mer a montré un excédent net de 122,7 milliards UM, soit environ 438,5 millions $EU.

L’évaluation de la contribution du secteur des pêches au PIB se limite jusqu’ici à la création de richesses dans le processus  de captures (PIB de la branche pêche).    Cela exclut la prise en compte des économiques indirects induits en amont et en aval (post-captures) par le secteur de la pêche d’une part et certaine revenus tirés des accords de pêche d’autre part. Depuis 2009, le PIB de la branche  pêche à prix constant semble toutefois amorcer une tendance à la hausse (+16,8%) entre 2008 et 2010. Cette augmentation est en grande partie due au développement de la pêche artisanale et surtout côtière sur les ressources de petits pélagiques pour approvisionner l’industrie de farine et de huile de poisson.  Même si la production domestique a connu une augmentation, le niveau de domiciliation de la valeur ajoutée en Mauritanie est encore assez faible, notamment en ce qui concerne les pêcheries de petits pélagiques et les filières associées.

Selon les résultats du dernier Groupe de travail de l’IMROP (décembre 2014), le secteur de la pêche a représenté en 2013 prés de 6% du PIB national.

La consommation annuelle en poissons par tête d’habitant est estimée en 2002 par l’Institut mauritanien des Recherches océanographiques et des Pêches (IMROP) à 4,3 kg à l’échelle nationale. Depuis  lors, différentes études ont montré l’augmentation dans des proportions considérables de la consommation en estimant la quantité de disponibilité de poissons sur les marchés domestiques (30000 et 40000 tonnes) et en la rapportant à la population. Sur cette base on peut estimer que la consommation actuelle est légèrement supérieure à 6kg/an par habitant, avec en outre des disparités selon les zones (côtière ou intérieur du continent). Cela atteste d’un changement majeur dans les comportements alimentaires de la population mauritanienne au cours de la dernière décennie et du rôle accru joué par les produits de la pêche dans la sécurité alimentaire.   

Le secteur des pêches emploie directement entre 42 000 et 43000 personnes, dont 80% des emplois proviennent de la pêche artisanale. A ce nombre de marins- pêcheurs, il conviendrait d’ajouter environ 13000 emplois indirects générés par les ’activités liées à la pêche, notamment dans le secteur post-captures. Au  total, le secteur des pêches génère prés de 55000 emplois, ce qui représente environ 3% de la population active en Mauritanie. En référence à la situation de 2002, il apparaît une évolution considérable de la l’emploi dans le secteur, en augmentation de prés de 50% sur 12 ans. 

 

Cadre institutionnel 

La pêche mauritanienne est sous la tutelle d’un Département ministériel. Le Ministre des Pêches et de l'Economie maritime a pour mission générale de concevoir, coordonner, promouvoir et assurer le suivi de la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans les domaines des pêches, de l’océanographie, de la marine marchande et de la formation maritime. Il est l’autorité nationale compétente en matière de contrôle de la qualité, de l’hygiène et de la salubrité des établissements, des produits et des zones de production de pêche. Les Lois et règlements qui régissent le domaine des pêches sont contenus dans le Code des Pêche  du 29/07/2015 et le Décret portant Réglement d'application.

Ce département ministériel a en charge l'aménagement et l'exploitation des ressources biologiques marines, des eaux saumâtres et continentales. La conservation, la préservation et la valorisation des ressources halieutiques sont parties intégrantes de ses prérogatives. Il en est de même de la recherche dans les domaines halieutique, de l’océanographie, de l’aquaculture, de la socio-économie des pêches et des activités connexes. La surveillance des pêches et le contrôle dans les eaux sous juridiction nationale sont également du ressort du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime (voir la Stratégie Nationale de Gestion responsable pour un développement durable  des Pêches et de l'économie maritime 2015-2019).

 

Etat des ressources

L’ensemble des ressources halieutiques des eaux sous juridiction Mauritanienne  représente un potentiel de captures admissibles (au niveau du rendement maximum durable- RMD) compris entre 1,5 million et 1,8 million de tonnes compte tenu de la variabilité des conditions océanographiques et environnementales  du grand écosystème marin du courant des canaries.

Selon les résultats de la dernière réunion du Groupe du travail IMROP (décemb2014), les ressources  démersales  qui se trouvaient dans une situation de pleine exploitation à surexploitation montrent aujourd’hui des signes de redressement. En effet, les indices d’abondance de plus d’une vingtaine d’espèces ont évolué  à la hausse au cours des trois années et l’excédent d’effort sur le poulpe est passé de 25 % en 2012 à 17% en 2013. Les estimations de capture, dans la ZEEM, indiquent, en effet, que celles –ci pourraient, aujourd’hui, se situer au niveau du potentiel de capture permissible évalué entre 1,2 et 1,5 million de tonnes hors praires (300000 tonnes).

Certaines espèces des petits  pélagiques offrent toujours des potentialités de développement significatives  telles que le stock de sardines du stock C partagé au nord du pays et l’anchois.

 

Les pêches

Les ressources halieutiques de la Mauritanie sont exploitées par une flottille artisanale et une  grande diversité de système d’exploitation, battant pavillon national ou d’origines étrangères.

Pêche artisanale et pêche côtière

La flotte nationale de la pêche artisanale (dont l’essentiel continue de cibler le poulpe) est en croissance continue  depuis de nombreuses années. Le nombre de pirogues est ainsi passé d’environ 4000 en 2007 à plus de 7000 en 2013. En 2010 sur 5910 pirogues immatriculées, le taux d’inactivité s’élevait à 26% pour l’ensemble du littoral.

Près d’une centaine de navires appartenant à la catégorie de la pêche côtière sont immatriculés en Mauritanie. Leur activité est principalement tournée vers l’exploitation du poulpe. La pêche côtière étrangère opérant régulièrement dans les eaux mauritaniennes est essentiellement composée d’unités de pêche à la senne tournante (une unité étant composée de deux embarcations) ciblant les pêcheries de petits pélagiques. On compte, prés de 450 unités de pêche à la senne tournante, dont 150 unités opérant sous le régime de la licence dans le cadre de l’accord de pêche avec le Sénégal et plus de 300 unités opérant sous le régime de l’affrètement en 2014.

Les captures globales de la PAC ont augmenté de manière spectaculaire au cours des six dernières années, elles sont passées de moins de 100000 tonnes en 2009 à plus de 344000 tonnes en 2013 (dont 287000 tonnes de petits pélagiques). Cette augmentation s’explique, en grande partie, par le développement de l’effort de pêche sur les petits pélagiques (sardinelles et ethmaloses), lié à l’expansion de l’industrie de farine de poisson.

Pêche Industrielle (PI)

L’effectif de la flotte de pêche industrielle (appelée aujourd’hui pêche hauturière) démersale opérant dans la ZEE mauritanienne a diminué entre 2002 et 2013, passant de 380 à 137 navires actifs.la diminution du nombre de navires est imputable à un ensemble de facteurs parmi lesquels : la révision de l’accord de pêche RIM/UE (protocole 2012-2014) qui a entrainé un arrêt des céphalopodes ; le départ de certaines flottilles (chinoise, européennes…) ; et la cessation de l’activité de navires nationaux (vieillissement de la flottille).

L’effectif de la flotte industrielle pélagique opérant en Mauritanie oscille entre 50 et 100 navires par an sur la période 2006-2013, une cinquantaine de navires pélagiques ont pris une licence.

Après avoir attient un pic de captures courantes proche de 1,2 million de tonnes en 2010, les captures de petits pélagiques, bien qu’étant toujours considérables, semblent néanmoins en diminution constante suite au retrait d’une partie importante des flottes étrangères pêchant sous licence libre. Les captures de la pêche industrielle pélagique ont été de l’ordre de 600000 tonnes en 2013, dont prés de 40% de sardinelles. Malgré la progression importante des captures de la PAC au cours des dix dernières années, notamment sur les petits pélagiques, la production halieutique, est   encore dominée par la pêche industrielle (environ 80% des captures totales, estimée à environ 1,2 million de tonnes en 2011). Dans cette production, les ressources démersales représentent 9% des captures totales et prés de 40% de la valeur celles-ci.

Les pêcheries de thons et espèces associées sont le fait de navires à long rayon d’action en activité dans toute l’Afrique de l’Ouest. Les navires thoniers opérant en Mauritanie dans le cadre d’accords de pêche (union européenne, Japon et Sénégal).les captures de thons majeurs ont atteint prés de 47000 tonnes en 2013, avec prise dominées par le listao.

 

Accès aux ressources

Le Ministre des Pêches et de l'Economie maritime vient d’adopter une nouvelle stratégie nationale  de gestion responsable pour un développement durable du secteur de pêche et l’économie maritime pour la période de 2015-2019. Cette stratégie introduit une reforme du système de gestion à travers un paradigme nouveau ; à savoir la gestion des pêches par quotas.  Cette vision est opérationnalisée à travers un cadre juridique et règlementaire avec l’adoption d’un nouveau code des pêches (loi du 29/07/2015) et ses textes d’application.

Le système de gestion des ressources halieutiques s’appuie sur les plans d’aménagement  par pêcherie. A cet effet, il  prévoie deux régimes d’exploitation :

  • Régime National
  • Régime Etranger

L’entrée dans la pêche est conditionnée par la détention d’un quota de pêche attribué dans le cadre d’une concession de droit d’usage attribuée à des personnes physiques ou morale et ce sur la base d’un investissement en mer ou à terre.

L’exploitation du quota est assujettie  au droit d’accès à la ressource qui comporte un droit d’accès direct, droit forfaitaire et une taxe à l’exploitation. Cette taxe prend en compte la valeur du produit. 

L’accès aux ressources pour le régime étranger se fait dans le cadre des accords ou conventions libre avec des Etats tiers ou des entités privées.   

Annonces

SRFC

Les sessions extraordinaires du Comité de Coordination et de la Conférence des Ministres auront lieu à Dakar du 17 au 18 mai 2017

 

PRAO - Guinée-Bissau

Publications

Migrations contemporaines des pêcheurs artisans en Afrique de l'Ouest : Synthèse et axes de recherche
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